20 octobre 2008

Coming Pop


C’était il y a 10 ans, quasiment jour pour jour.

Je rentrais exténué d’une matinée de lycée dont j’avais rempli tous les objectifs : j’avais fait marrer au moins 4 personnes, l’un de mes professeurs m’avait toisé d’un œil mi-amusé, mi-exaspéré et j’avais intercepté de justesse l’aimable courrier de la CPE – une quinquagénaire fraîchement ménopausée dont le dernier rapport sexuel remontait très probablement au dernier bon score du Parti Communiste – stipulant à mes parents que j’avais visiblement omis les cours du samedi matin en recopiant mon emploi du temps.

Comme tous les mercredi après-midi, je m’apprêtais à envoyer bien loin les petits tracas du quotidien en me branchant sur MTV, où le clone anglo-saxon d’Ariane Brodier (rire idiot et problèmes d’oreillette compris) présentait le Hitlist UK, à savoir le classement officiel des ventes de singles au Royaume-Uni.

Comme toutes les semaines, l’artiste occupant la première place serait une surprise incroyable : un vieux boys band qu’on croyait complètement dans les choux, une chanteuse country subitement muée en drag-queen du désert au total look panthère ou encore une adolescente en proie aux désordres hormonaux se secouant les hanches avec panache ; personne outre-Manche, en ces temps bénis des dieux du Minitel, ne pouvait deviner quelle nouvelle sensation envahirait pour 7 jours ou pour 3 mois les cœurs des teenagers anglais.

Et pour une surprise, ce fut une surprise puisque la demi-présentatrice elle -même semblait au bord du collapse nerveux lorsqu’elle balbutia le nom de Cher. Ses grands yeux vides clignaient aussi rapidement que son prompteur défilait et ses lèvres, tellement accoutumées à saluer le triomphe des Spice Girls, ne semblaient plus en mesure de délivrer une phrase grammaticalement complète. On entendit grosso modo : « and now, number one… Oh my God… What ? Well, OK. Cher is back… dance everybody… number one… Believe number one… see you next week ! ».

Et la suite s’avéra aussi exotique que son introduction : dans un grand manteau de papier aluminium, le cobaye des chirugiens albanais se rendait en boîte de nuit, y interprétait l’une des chansons pop les plus éblouissantes du siècle et repartait tranquillement sur le parking de la boîte pour scruter le sol d’un air triste et affligé, comme hallucinée elle-même par ce qu’elle venait de faire.

J’ai subitement saisi ce qui me fascinait dans la pop music : quel autre registre musical aurait permis un tel patchwork ? Avais-je imaginé ce matin, les yeux vissés sur mes Chocapic, que mon nouvel hymne serait interprété par une cinquantenaire rapiécée dont les dernières frasques musicales notoires avaient sensiblement le même âge que mon doudou ? Aurais-je trouvé concevable de sacrer au panthéon de mes chansons éternelles 4 minutes de dance produites par les négriers d’Enrique Iglesias ? M’aurait-il semblé decent de faire un usage si poussif du vocoder, rendant par avance ridicule toute tentative de karaoke ?

J’aurais évidemment répondu à la négative à toutes ces questions incongrues, et je me retrouvai donc scotché devant mon écran de 36cm, déjà prêt à harceler mon pauvre disquaire pour qu’il me fasse importer ce précieux single illico.

Vous connaissez la suite : 10 millions de terriens m’ont imité, Believe est légitimement devenu un tube monstrueux, Damon Albarn et ses confrères représentants de la fine fleur de la pop classieuse UK n'ont pas tari d'éloges à propos de ce refrain incroyable qu'ils n'arrivaient plus à dégager de leur cervelet, la pintade du Hitlist s'est vue annoncer le même #1 durant 7 semaines d'affilée et, surtout, la pop la plus décomplexée s’est vue offrir d’un coup d’un seul de nouvelles perspectives et la promesse d’un avenir radieux.
Quant à moi, j’ai viré pédé.




PS : heureux de vous retrouver, vraiment.
Kissous !

16 août 2008

Such a shame



TF1 le martèle et les blogs médias en font largement l’écho : la Star Academy version 2008 sera celle du renouveau, du grand ménage professoral et même du déménagement, les propriétaires du fameux château de Dammarie-les-Lys ayant décidé de ne plus accueillir dans leurs locaux des pubères en crise pour qui Julie Zenatti représente un modèle de réussite.

Nos nouveaux amis vocaliseront désormais dans les couloirs d’un ancien hôtel particulier du 16ème arrondissement parisien, un choix géographiquement judicieux puisqu’il les situe à quelques pas du Sentier des Halles, prestigieuse salle de 120 places dont ils partageront bien vite l’affiche avec Jessica Marquez et Cyril Cinelu.

Quant au remaniement de l’équipe pédagogique, on déplorera avant tout le départ de l’inénarrable Raphaelle Ricci, au grand damn de son dernier vainqueur de disciple, le sexuellement ambigu mais néanmoins objectivement lamentable Quentin Mosimann.

Éjectée sans ménagement, probablement pour cause de troubles psychotiques trop visibles à l’écran (un petit coucou à Nathalie de Secret Story !), Raphie n’aura pas eu le temps d’indiquer à Quentin, entre 2 rots senteur Beaujolais nouveau, que reprendre des hymnes français des années 80 à la sauce électro bon marché était une idée de con. Une idée de conne même, expérimentée par Leslie quelques mois auparavant, et qui a tellement bien fonctionné que sa maison de disques s’est finalement décidée à planquer en lieu surprotégé toute trace du massacre.

La rougeaude n’aura pas non plus eu le temps d’expliquer au pot de gel sur pattes qu’il ne suffisait pas d’avoir surécouté les disques de Peter Cincotti et de finir toutes ses phrases par un pénible bêlement pour s’imaginer en petit-fils (très porté sur le rimmel) de Sinatra, se targuer ainsi d’une double compétence jazzman / DJ de camping et proposer un album-concept où les mêmes hymnes du Macumba se voient infliger deux méthodes de tortures antagonistes dans leurs sonorités, mais égales devant la pénibilité de leur résultat.

L’emballage aurait pu quelque peu camoufler la profonde nullité du contenu, mais la toute violette Armande Altaï, fraîchement sortie de son caisson cryogénisé pour diriger cette nouvelle mouture de la Star Ac, n’aura pas pu enseigner les rudiments d’un maquillage proportionné à la prochaine star du Sentier avant que la photo de l’hilarante pochette ne soit shootée et publiée.

Cette triste histoire de mauvais timing ne connaîtra malheureusement pas d’issue heureuse et il y a fort à parier qu’à la vue des premiers chiffres de ventes de ce Duel sans gagnant, les albums des deux derniers vainqueurs du programme seront considérés comme des best-sellers.
Ça me fait beaucoup de peine, vous savez…

Ça n'a strictement rien à voir mais avant de vous quitter pour quelques jours et afin de ne pas vous laisser impuissant face aux épreuves douloureuses que nous inflige tous les jours cette chienne de vie, je tiens à vous offrir dans un élan de bonté ces deux petits proverbes dont vous saurez, je l'espère, faire un usage salvateur :

Quand t'as un coup de mou, pense à Laure Manaudou. Quand t'as le bourdon, pense à Christine Arron.

Kissous !

14 juillet 2008

Chanteurs fériés




Puisqu'il n'y a pas de raison pour que les bloggeurs ne se laissent pas vivre comme les autres en ce jour de glande nationale, me voici en pilote automatique pour vous présenter les 5 "artistes" ayant accompli l'exploit de vendre quelques milliers de vrais singles (avec du carton et tout !) en nos contrées la semaine passée :


01 William Baldé - Rayon de soleil (les chansons de l’été nous incitent rarement à réfléchir, et ce n’est pas cette année que ça va changer. Cette fois-ci, un simili-Tonton David vient nous fredonner d’un air marijuané qu’il poserait bien sa main sur le « p’tit cul » de sa promise (la demoiselle pourrait d’ailleurs être l’arrière petite-fille de William si l’on s’en réfère au clip… Ils ont les mœurs légères, ces Guinéens !). Tous les beaufs Heineken de France lui sont grandement reconnaissants puisqu’ils pourront 2 mois durant palper le derrière des touristes femelles sous le prétexte de la chorégraphie)

02 Enrique Iglesias + Nâdiya – Tired of being sorry (cessez toute activité, le couperet est tombé, la Guinée a niqué Enrique. On aura toutefois du mal à fêter la déroute puisque le duo hydrocéphale accaparait le sommet du top depuis presque 3 mois. La France est donc officiellement devenue la béquille d’Enrique Iglesias, lui-même intronisé béquille de Nâdiya. Une affaire boiteuse qu’on aura oubliée d’ici la fin de l’année s’il existe un bon Dieu)

03 Estelle - American Boy (et bien voilà, on laisse ce tube monstrueux squatter les premières places des tops digitaux des semaines durant, on prend son temps pour commercialiser un support physique, et on se fait doubler au finish par un vieux vicelard qui tâte des culs. Ce n’est pas avec quelques centaines d’euros récoltés sur iTunes qu’Estelle se fera retaper les paupières, je ne dis pas bravo)

04 Magic System - Zouglou Dance (voilà un phénomène particulièrement mystérieux puisque ce groupe décède tous les ans au mois de septembre pour ressusciter l’été suivant avec une chanson à l’intitulé encore plus abruti que le cru précédent. On se trémoussera donc ces jours-ci sur la Zouglou Dance et on ne trépignera pas d’impatience à l’idée de découvrir la Gouzi Gouzi Shake qui nous est probablement réservée pour 2009)

05 Jakarta - One desire (la dernière fois qu’on avait fréquenté ces DJ manchots, le thème musical d’American Beauty s’était vu dépecé sans pitié pour en faire une bouillie tout juste bonne à servir de jingle aux émissions d’Arthur. Et bien les manchots sont de retour, et s’ils sont indonésiens comme leur nom l’indique, on confessera à mots couverts que 2 victimes supplémentaires au tsunami de 2004 n’auraient pas été du luxe)

...

18 La Voix de l'Enfant - Parle Hugo, parle (on demande à un gamin complètement traumatisé par le monde adulte de se confier à Jenifer, Faudel, Sylvie Vartan, Lââm et Nicolas Peyrac. Et on s'étonne qu'il se taise)


Et kissous fainéants bien sûr !


12 juillet 2008

Out of time




Un mardi grisâtre de juillet à Lyon.
Il est 20h30 et une petite foule s’empile sans se presser dans une modeste enceinte antique pour assister au concert de R.E.M., groupe fraîchement ré-accueilli parmi les pionniers du rock classieux avec leur dernier album tout abrupt et nerveux, Accelerate.

Autant ne pas se leurrer, cette foule vient au groupe car elle connait Losing my religion et Everybody hurts, c’est à peine si le nom de Michael Stipe lui évoque un vague souvenir… Ah si, ce grand échalas qui se trimballait de capots en toits de voitures pour chanter son spleen dans les embouteillages il y a 15 ans, ça doit être lui...

Une terrifiante première partie (imaginez Bertrand Cantat sous Xanax, le casier judiciaire et les textes saisissants en moins) plus tard, la bande à Papa entre en scène et subjugue son auditoire.
Ils enchaînent leurs morceaux les plus énervés, économisent les pauses pour faire sautiller leur public à l’unisson.
Papa Stipe semble épargné par le temps, sa gestuelle ample et désarticulée amuse les novices, sa voix débite sa poésie moderne et engagée sans jamais faillir, on sent les nouveaux venus tomber sous le charme et les aficionados jouir sans complexe.

L’espace de 2 heures, je fus cette petite sexagénaire parfumée à l’eau de Cologne en pamoison devant Franck Michael, qu’elle trouve toujours aussi craquant lorsqu’il lance des clins d’œil qui lui sont forcément destinés ; je fus aussi cette adolescente cyclothymique hésitant sans cesse entre le grand sourire épanoui et la franche crise de larme au rythme des chansons teutones de Tokio Hotel, ; je fus même ce garçon sensible en proie à l’hystérie communicative devant Mylèèène.

Je me suis revu à l’âge de 8 ans devant le téléviseur familial, découvrant Shiny Happy People et son décor hallucinogène, dansant joyeusement avec Michael et sa copine à froufrous comme s’il s’agissait d’une extension anglo-saxonne du Club Dorothée.

Ce mardi soir-là, j’avais rangé ma panoplie de demi-dandy cynique et désabusé pour qui tout est prétexte à moqueries et joutes verbales, pour revêtir le costume du fan. Un triste fan de base, les yeux grands ouverts et le cri facile devant son artiste idolâtré, habité par toutes ces émotions dont je ricane d’ordinaire. Et je me sentais bien.




04 juillet 2008

Flash Info



Alors qu'Ingrid Bétancourt remerciait dans la même phrase Dieu et l'armée colombienne sans que ça ne choque personne, que Raymond Domenech voyait son contrat reconduit dans l'indifférence générale (Dieu et l'armée colombienne avaient-ils préparé le coup ?), la chanson de l'année 2008 est parvenue à mes oreilles et c'est avec une joie non dissimulée que je la transmets aux votres.

Elle s'appelle Kreesha (ouch !) Turner, elle fut donc manifestement une enfant non désirée, elle nous vient du Canada (posez ce flingue, elle n'est pas québécoise) et sa maison de disques a dans un premier temps décidé de la vendre en qualité de Rihanna au rabais avant de lui servir une pop song absolument bluffante, Don't Call Me Baby qui devrait, s'il est une justice en ce bas-monde, faire figure d'hymne de l'année, à l'instar d'un Bleeding love l'an passé.



Il va de soit que si ce titre ne devient pas dans les mois à venir un tube monstrueux outre-Atlantique (comptez sur une commercialisation en 2014 pour la France), je me verrai contraint de faire appel à... Dieu et l'armée colombienne, bravo.

Kissous !

26 juin 2008

Régénération




(non, ce n’est pas Sarah Michelle-Gellar à gauche, elle a certes sorti les avirons depuis la fin de Buffy mais tout de même, ne soyez pas cruchons !)

Puisque Mylène Farmer économise ses mots, son talent, ses graphistes et lésinera bientôt sur le plateau de fromages (oui, j’aime beaucoup imaginer les stars un peu mystérieuses en train de s’envoyer un bon sandwich au camembert, ça nous les rend tout de suite plus familières) afin de paraître svelte et fraîche lors de son petit spectacle de 2009, je me suis intéressé récemment à sa copie, Nageoire Bretzel.

Oui bon, ne me toisez pas comme ça, je sais bien qu’elle s’appelle Najoua Belyzel, mais c’est ainsi que j’ai mécaniquement retenu son doux nom après l’avoir entendu pour la première fois à la radio et je l’ai donc baptisée Nageoire ad carrière aeternam.

Ladite carrière, justement, n’a connu que très furtivement les sommets du succès commercial.
En 2005, Nageoire, 24 ans et déjà quelques casseroles, loue la même église (ou chapelle, on ne saurait trop déterminer de quoi il s’agit précisément vu l’état du bordel) perdue dans la cambrousse que Mylène Farmer, allons-y franchement, pour y tourner un clip pseudo-mystique (à savoir qu’elle regarde l’eau d’un air triste et le ciel d’un air désespéré, et oui c’est mystique) illustrant son premier single, Gabriel.

Officiellement, mini-Mymy s’adresse à l’ange du même nom et lui demande de choisir entre Dieu et elle, jouant grossièrement sur l’emploi alternatif du masculin et du féminin pour formuler sa requête.
Évidemment, l’archange Gabriel n’a jamais été réputé pour entretenir une sexualité débridée, ni pour draguer des sosies de Buffy ; et les paroles aux sous-entendus aussi finement dissimulés que l’inspiration du clip visent clairement à chanter la bisexualité sur quelques accords simili-dance (pompés du côté de chez Iio) et s’attirer ainsi les faveurs d’un certain public. Pour les deux idiots du fond qui n’auraient pas saisi l’énorme connotation sexuelle, l’interprète termine même toutes ses phrases par un bref orgasme (sacré Gaby !).

Produite par Henri Belolo, dirigeant de Scorpio Music bien connu pour dénicher des artistes à public hétérosexuel (Village People, Gala,…), Nageoire cartonne et parvient même à refourguer dans la foulée un deuxième single (au clip reprenant cette fois-ci un décor de Madonna, allons-y franchement bis) et un nombre satisfaisant d’exemplaires de son premier album, Entre deux mondes, qui la voit s’aventurer dans le pop-rock et prendre des positions très engagées et révolutionnaires au-delà de son militantisme pro-gay sous-jacent (elle s’oppose par exemple à la guerre en Irak, un point de vue complètement inédit en France il y a 2 ans, pas du tout démago).

Toute engaillardie et a priori dotée d’un public au taquet, la petite proposait il y a un an quasiment jour pour jour ce qui devait être le premier extrait d’un nouvel album encore plus audacieux, le champêtre Quand revient l’été :



Vous savez désormais pourquoi je ne vous en ai pas parlé plus tôt : cette chanson n’est passée nulle part et s'est logiquement mangée le mur, Scorpio Music ayant un projet plus juteux sur le feu (l'album de Noël de Pigloo... Si si). Je ne peux me souvenir que d’une diffusion de la vidéo un matin sur M6 et d’une réflexion à voix haute : "si elle ne jouissait pas toutes les 10 secondes, ce serait presque kissou !".

Et bien un an plus tard, et après l’avoir réécoutée 2 fois (oui bon, 12 fois), je l’affirme : cette chanson aux paroles abstraites (et tant mieux) vaut le détour, on côtoie là de la variété française sans prétention particulière qui nous rend très facilement d’humeur guillerette, définitivement tout ce qu’il y a de plus kissou, et c’est d’ailleurs, ironie du sort, bien meilleur que le dernier Cul Roux.
Je me prononce donc solennellement pour une re-sortie immédiate de ce tube en puissance, car nous préférons tous sautiller dans les champs en tenue légère plutôt que de chanter les louanges du coma sur du Robert Miles !

Pour conclure ce billet, je tiens seulement à rassurer mes proches : je vais bien.

Kissous !

25 juin 2008

New Soul (mais cheveux propres)




Il était une fois, dans un bled paumé du Nigeria, l’autre pays du football (mais si, ils remportent toujours l’or olympique puisque les pays plus aisés envoient leurs équipes COTOREP !), une petite fille prénommée Nneka.
Oui bon, j’imagine bien que "nneka" doit signifier en patois nigérien "jolie- petite-fleur-qui –apporte-soleil-et-joie" ou un truc dans le genre, mais il faut bien avouer que ce prénom est visuellement inepte et la fait passer dès le départ pour une demeurée.
Craignant probablement de finir sorcière vaudou avec un prénom pareil, le petite se réfugie vite fait dans l’église la plus proche et y apprend le chant (doués, les professeurs !).

À l’instar de Lauryn Hill, Nneka entretient donc une relation étroite avec le Seigneur, à la différence près qu’elle ne le considère pas comme le producteur de ses disques et ne se sent pas obligée d’y faire référence toutes les 2 phrases. Gageons par conséquent qu’à la différence de sa grande sœur de talent, notre nouvelle pouliche ne pètera pas un boulon lorsque son album rencontrera le large succès qu’il mérite et n’ira pas revisiter la Bible en chansons pour MTV avant de se faire baîllonner par sa maison de disques.

À l’instar d’Ayo, sa collègue sous tranquillisants d’origine nigérienne et de coiffure anti-Babyliss, Nneka fut également adoptée par nos amis teutons à l’approche de la vingtaine et c’est donc en Allemagne, un pays où les clivages musicaux déjà nettement entamés ailleurs ont littéralement explosé depuis belle lurette, que ma chanteuse 2008 (petit rappel pour les nouveaux, 2007 : Robyn) s’est ouverte à la soul, au rock et au hip-hop, des influences heureuses dont elle a su tirer le meilleur pour les mixer avec une réussite insolente à ses fondamentaux africains.

Forte de l’accueil enthousiaste accordé à son premier essai de 2005, c’est en grande forme (olympique, uh uh) que la belle nous est revenue le mois dernier avec un album qu’il n’est pas démesuré d’appeler chef d’œuvre, parce que les courants s’y rencontrent sans heurts, parce que l’âme de son interprète y transparait en filigrane sans verser dans le mélo, parce qu’enfin la fusion ambitieuse engagée par ses créateurs parvient à délivrer quelques hymnes pop , un exploit plus jamais atteint dans le registre R&B / soul depuis le coup de maître d’une certaine… Lauryn Hill.
Je vous laisse découvrir en guise de mise en bouche mon titre préféré de No longer at ease, le lumineux Heartbeat :



PS : maintenant que je me suis lavé de mes pêchés en vous parlant de musique noble et dont l'écoute est avouable en société, je peux sans complexe vous inviter à rejoindre le front pour que ma copine Prissou s'en aille ratatiner Alizée au Mexique, car oui Messieurs Dames, c'est de l'image de notre Nation dont il est question !
Kissous !